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Maternelle: des assises pour bouger les lignes ?

Les 27 et 28 mars derniers se sont tenues les assises de la maternelle. Mais qu’est-ce que c’est exactement que ces assises ? A quoi servent-elles et qu’est-ce qu’on peut en retenir ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

Les assises de la maternelle se sont déroulées sur deux journées, sous la direction de Boris Cyrulnik, et avec la participation de nombreux chercheurs et acteurs de l’éducation et de la petite enfance. Les journées se sont centrées sur le devenir de l’école maternelle dans la société du 21ème siècle, et plus particulièrement sa place dans le système scolaire français, qui a été l’un des premiers à proposer une école pour les moins de 6 ans.

La maternelle: un brin d’histoire

La maternelle à proprement parler n’existe pas dans tous les pays du monde. Pour la plupart d’entre eux, elle est une solution parmi d’autres concernant la garde des enfants de 3 à 6 ans. Dans certains pays comme au Royaume-Uni, en Allemagne ou dans les pays scandinaves, l’école maternelle est souvent couplée à l’accueil des enfants de moins de trois ans et est connue sous le nom de kindergarten[1]. En France, il s’agit d’établissements bien distincts, gérés par des entités différentes.

En France, il n’existe que deux chemins possibles pour « pré-scolariser » son enfant: l’école publique ou l’école privée. L’école publique est le choix par défaut de la plupart des familles, du fait de sa gratuité. Toutefois, de plus en plus d’enfants sont inscrits dans des structures privées sous ou hors contrat. Ces structures sont libres de mettre en oeuvre n’importe quelle pédagogie, mais elles sont soumises aux inspections comme les établissements publics. Cette séparation est ancrée historiquement depuis le 19ème siècle et l’apparition des salles d’asile – plus tard salles enfantines – auxquelles répondent les jardins d’enfants – basés sur des pédagogies alternatives. Depuis le début des années 2000, une pédagogie fait un retour particulièrement remarqué: la pédagogie Montessori – dont nous parlerons bientôt sur le blog.

L’école maternelle aujourd’hui

L’école maternelle doit son nom à une inspectrice de la fin du 19ème siècle, nommée par Jules Ferry: Pauline Kergomard. Elle prône alors une école maternelle plus soucieuse et respectueuse de l’enfant et de ses besoins, en opposition aux salles d’asile de l’époque. Avec plusieurs lois entre 1882 et 1887, les bases de l’école et de son architecture sont posées. Elles fixent des objectifs d’éducation pour préparer à l’entrée en élémentaire. Le programme porté par Pauline Kergomard en 1887 met en avant l’éducation physique, les jeux et les mouvements[2]. Rapidement, l’école maternelle est couplée à l’école élémentaire dans des groupes scolaires., mais reste gérée par une directrice à part entière.

Entre 1945 et 1993, le taux de fréquentation a été multiplié par trois. L’école maternelle, si elle n’est pas obligatoire, devient une solution généralisée pour socialiser et pré-scolariser les enfants, qui sont désormais vu comme des êtres à part entière, voués à s’éveiller.

« Pour obtenir du silence de cette foule animée, pour la rendre attentive, il faut avoir recours à un système d’ordre particulier […] Tout devra être calculé, exercices, jeux; tout jusqu’au moindre mouvement de ces enfants, dont la turbulence est l’essence.»[3]

Accueillant les enfants de 2 à 6 ans, sa forme a évolué entre l’époque Jules Ferry et les grands questionnements des années 70. Son programme tantôt très scolaire, tantôt plus proche des pédagogies alternatives, est constamment soumis à l’évolution des pensées et des découvertes scientifiques. Aujourd’hui, les recherches en neurosciences et sciences de l’éducation vont permettre une nouvelle lecture du rôle de l’école maternelle dans notre société.

Elle s’est d’ailleurs doté de nouveaux objectifs sous le quinquennat Hollande, et notamment d’un nouveau programme, dans le cadre des cycles proposés par la réforme. Correspondant au cycle 1, elle s’articule autour de cinq thématiques: le langage, l’activité physique, les activités artistiques, la structuration de la pensée et l’exploration du monde.

Le ministre de l’Education Nationale actuel – Mr Blanquer – a posé les bases de sa vision de l’école primaire dès la rentrée dernière. Il met l’accent sur les fondamentaux – lire, écrire, compter et respecter autrui. Les assises de mars dernier ont permis d’exposer plus clairement les volontés du gouvernement concernant l’école maternelle.

Que retenir des assises ?

Les assises de la maternelle se sont donc tenues à Paris, les 27 et 28 mars derniers, en présence du Ministre de l’Education National et du Président de la République. Les deux journées ont été organisées autour de tables rondes et de conférences sur divers sujets de la petite enfance, avec l’intervention de nombreux chercheurs, des inspecteurs, des enseignants, des ATSEM, etc. et de leur chef d’orchestre: Boris Cyrulnik.

Pour voir le programme en détail, je vous invite à consulter le dossier de presse.

Mais d’abord, qui est Boris Cyrulnik ?

Directeur d’études à l’université de Toulon, il y enseigne l’éthologie humaine. Il est également neuro-psychiatre, psychanalyste et directeur de l’Institut petite enfance, dont l’un des axes de travail est d’encourager le rapprochement des chercheurs et des professionnels de la petite enfance. Il est surtout connu pour avoir vulgarisé le concept de résilience – la capacité à renaître de sa souffrance – qu’il a lui-même tiré des écrits de John Bowlby. Si vous souhaitez aller plus loin, de nombreuses conférences sont disponibles sur internet, notamment sur la biologie de l’attachement. vous pouvez également consulter ses ouvrages: Ethologie clinique: 14 textes originaux, Un merveilleux malheur ou encore Les vilains petits canards.

Ecole Pilote du Numérique, Boulogne-Billancourt • MUOTO, 2018

L’age d’instruction obligatoire à 3 ans, une avancée ?

Lors de son discours aux assises de l’école maternelle, le Président de la République a annoncé l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, au lieu des 6 ans actuels. Si cette annonce n’a pas provoqué de remous chez les parents ou les enseignants, elle pose quand même plusieurs questions. Quelles seront les conséquences de cette mesure pour les familles, pour les collectivités, pour les enseignants et les ATSEM ?

Pour ce qui est des familles, la mesure concernera au plus 20 000 élèves qui sont aujourd’hui non scolarisés en école maternelle. Toutefois l’immense majorité des enfants n’est pas impactée, puisqu’ils sont déjà scolarisés à l’école publique ou privée

Pour l’Etat et les collectivités, en revanche, ce n’est pas la même histoire. En effet, un abaissement de l’âge d’instruction signifie une probable augmentation des effectifs d’enfants par classe, compte tenu de la situation déjà tendue de plusieurs fermetures de classe. Cela signifie aussi que les enfants aujourd’hui non scolarisés vont peut-être s’orienter vers les écoles privées sous-contrat – que les mairies financent en partie. Cela va donc leur compliquer la tâche concernant le financement de l’éducation et de la petite enfance.

Cette mesure pose également la question de la formation des enseignants, mais aussi celle des personnels comme les ATSEM. En effet, de nombreux enfants aujourd’hui non scolarisés sont handicapés et ne peuvent pas être accueillis faute d’auxiliaire de vie scolaire. Que vont-ils devenir?

Par ailleurs, la recherche nous dit que la période de 0 à 6 ans est particulièrement  critique pour le développement futur des enfants. Il faut donc envisager l’école maternelle comme un lieu à l’écoute de leurs besoins. A plus de 25 élèves par classe, parfois sans ATSEM, cela semble difficilement envisageable.

Ces assises de l’école maternelle sont donc un premier pas dans les réformes voulues par le gouvernement. Cependant, il convient de se questionner sur le bien fondé de la mesure phare d’abaissement de l’âge d’instruction, compte-tenu de ses répercussions probables sur les dépenses en formation et pour les collectivités, notamment. Je vous encourage à lire cet article sur le sujet.

Je vous prépare une série plus complète sur l’école maternelle, ses origines et ses perspectives d’évolution.

A bientôt !

Références

[1] « L’école maternelle en France ». Les dossiers de l’enseignement scolaire, Direction de l’enseignement scolaire, mai 2004

[2] Plaisance, E. « École maternelle ». In. Raynal, F., & Rieunier, A. (1997). Pédagogie, dictionnaire des concepts clés : Apprentissage, formation, psychologie cognitive. Issy-les-Moulineaux : ESF éditeur

[3] A. de Champlouis, citée par Luc, J. (1997). L’invention du jeune enfant au XIXème siècle: de la salle d’asile à l’école maternelle. Paris: Belin

 

Crédits : Archiskhole © 2018

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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