Widget Image
Widget Image
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetuer adipiscing elit, sed diam nonummy nibh euismod tincidunt ut laoreet dolore magna aliquam erat volutpat. Ut wisi enim
Pédagogues célèbre #1 : Maria Montessori ou l'école préparée.

Maria Montessori (Les pédagogues célèbres #1)

Peut-on parler d’école sans parler des pédagogues ? Cela paraît inconcevable. Et pourtant – à part quelques noms – nous ne connaissons pas vraiment ces pédagogues qui ont marqué l’histoire. Cette série sur les pédagogues célèbres est à destination de tous ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur les pédagogies alternatives, et leurs apports pour l’école publique. Pour ce premier épisode, je vous propose de découvrir Maria Montessori, pédagogue italienne du début du 20ème siècle, et probablement la plus connue aujourd’hui, dans le monde.

Je tiens à préciser que je vous présente ces pédagogies en ma qualité d’architecte, et donc avec un regard porté davantage sur l’environnement dans leurs théories. Je n’ai pas la prétention de vous expliquer précisément leurs pédagogies.

Nous avons tous entendu à un moment ou un autre le nom Montessori. Depuis quelques années, il est dans toutes les discussions sur l’éducation, et même sur les étalages de Nature et Découvertes (aucun placement de produit, je précise). Mais qu’est-ce qui se cache vraiment derrière ce nom ? C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

Maria Montessori, première femme médecin et célèbre pédagogue italienne. Série "Les pédagogues célèbres" #1

Montessori, femme pionnière

On ne peut pas parler de sa pédagogie sans parler d’elle. 

Maria Montessori est la première femme médecin en Italie. Elle s’intéresse très tôt aux enfants et à leur développement, questionnant leur place dans la société. En effet, la médecin considère que les enfants ne sont pas traités convenablement par la société des adultes. Après avoir travaillé auprès d’enfants retardés, elle crée sa première Casa dei Bambini – Maison des enfants – dans un quartier pauvre de Rome, en 1907. Toute sa pédagogie découle de ces premiers moments passés en compagnie des enfants, à observer leurs faits et gestes.

Outre le fait qu’elle soit médecin, elle est également anthropologue et psychologue. Elle revendique une approche résolument scientifique même si ses nombreux détracteurs remettent en cause cette vision, jugeant ses propos moralisateurs et infondés[1].

Tout au long de sa vie, elle a présenté et étoffé sa vision du développement de l’enfant au travers de nombreux ouvrages et conférences dans le monde entier. Ses deux périodes d’exil, correspondant aux deux guerres mondiales lui ont fourni l’opportunité de voyager à travers l’Europe et en Inde pour faire connaitre ses recherches. Si vous souhaitez en savoir plus sur la vie de Maria Montessori, je vous encourage à lire cet article ou encore celui-là. Vous pouvez aussi lire ce livre.

Montessori contre l’ordre établi

Rentrons maintenant dans le vif du sujet.

Pour la pédagogue italienne, l’enfant est « le constructeur de l’adulte ». Si on ne lui donne pas toute sa place pour s’épanouir et se développer, indirectement, c’est l’homme que l’on perd. Selon elle, « l’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir »[2]. Cette théorie vient en contre-pied des théories globalement admises jusqu’alors, indiquant que l’enfant est un être vide qu’il faut remplir, un « mini-homme » en devenir. 

« L’enfant est le père de l’homme.»

Montessori affirme que l’enfant est un être à part entière, un être non-adulte, avec des besoins particuliers. Elle remet en cause la société contemporaine et son manque de prise en compte de l’enfant comme être particulier.

La pédagogue base ses théories du développement en inversion totale avec le système éducatif d’alors, montrant que l’école n’est pas du tout pensée selon les véritables besoins de l’enfant. 

Les plans de développement chez Maria Montessori. 1950
Le rythme constructeur de l’enfant, d’après le schéma de 1950.
Les plans de développement chez Maria Montessori. 1952
Le cycle naturel de l’enfant, d’après le schéma de 1952.

Toutefois, l’enfant ne peut s’épanouir correctement qu’en présence d’un milieu adapté. C’est-à-dire un milieu qui prend en compte ses besoins. Elle a donc élaboré une théorie du développement au travers de ses observations et de ses recherches, qui se base sur la mise en oeuvre d’un environnement préparé. 

 » Nous pouvons nous représenter cette merveilleuse activité créatrice comme une série de vives émotions surgissant du subconscient, et qui construisent la conscience de l’homme au contact de l’ambiance. » [3]

Latence de l’architecture chez Montessori

La théorie des plans de développement élaborée par Maria Montessori a été présentée comme une alternative au système traditionnel en vigueur à l’époque de la pédagogue. Elle définit le développement de l’enfant selon quatre plans, qui correspondent à des périodes de trois ans. Elle résume ses idées dans deux schémas, en 1951 et 1952, présentant ainsi le rythme constructeur de l’enfant, et le cycle naturel de l’enfant. Pour la pédagogue, l’homme se développe selon un schéma directeur inhérent à son être, qui se définit par ces quatre plans pour atteindre sa « forme définitive », l’homme mature. A partir de ces théories, elle propose une vision nouvelle de l’école, partitionnée selon les plans et non les âges des enfants, prenant en compte leurs besoins et leurs rythmes. 

Trois axes définissent sa théorie de l’environnement préparé: le respect des périodes sensibles de l’enfant – dont nous parlerons prochainement -, l’appui d’un matériel pédagogique, et le soutien d’une éducatrice dévouée. 

Des enfants au même stade de développement

A l’école Montessori, les classes accueillent des enfants d’âges variés, mais qui sont tous dans les mêmes plans de développement. Elles sont appelées ambiances. Il en existe trois, qui correspondent à la maternelle (3-6 ans) et à la primaire (6-9 ans puis 9-12 ans). D’autres sont également prévues pour les autres plans, mais existent très peu en France. 

Pour Montessori, ce système ressemble davantage à la structure familiale du foyer, et est donc plus adaptée pour le bon développement de l’enfant. 

Les classes devraient par ailleurs comporter une quarantaine d’enfants. En effet la pédagogue explique que les enfants ont besoin d’échanger, et de côtoyer d’autres personnes pour comprendre et être en harmonie avec leur environnement[4].

Matériel pédagogique

Le matériel – dit pédagogique – est l’élément central de la méthode Montessori. Les premiers objets utilisés pour stimuler et comprendre le comportement des enfants ont été élaborés par Séguin à la fin du 18ème siècle, dans des asiles. Montessori a repris et enrichi la palette d’objets, notamment grâce à ses observations dans la première Casa dei Bambini. Il est pensé pour correspondre aux différentes périodes sensibles des enfants. On distingue cinq catégories: vie quotidienne, sensoriel, mathématiques, langage et académique. Les catégories ont chacune leur place dans l’espace et sont rangées suivant un certain ordre, sur des étagères accessibles aux enfants. Il est toujours disponible, et les enfants peuvent s’en servir s’il n’est pas déjà utilisé. Ils doivent ensuite le remettre à l’endroit où ils l’ont trouvé. Les objets sont souvent fragiles, pour apprendre notamment aux enfants à faire attention et à se responsabiliser.

Pour vous faire une idée plus précise du matériel, il y a une liste ici.

Une éducatrice-guide

Montessori présente l’éducatrice – et non l’éducateur, indiquant qu’une figure maternelle est plus rassurante pour l’enfant – comme le lien dynamique entre matériel et enfant. Elle guide les jeunes élèves vers les matériels qui peuvent les intéresser. Son rôle est aussi de présenter le matériel et d’être là en soutien si l’enfant en exprime le besoin. Elle gère les différentes temporalités de la journée, avec des temps de rassemblement autour de chants ou de contes, et des temps – majoritaires – d’exploration du matériel seul, ou en petits groupes.

La pédagogue insiste beaucoup sur l’importance du rôle de l’adulte dans ce cas de figure. Il doit se montrer respectueux de l’enfant et se mettre à sa hauteur, montrant ainsi qu’il le prend au sérieux. Il doit aussi s’assurer que les enfants ne se chamaillent pas, tout en restant discret et en retrait.

Si vous souhaitez en savoir plus sur le rôle des éducateurs et leur formation, deux sites sont intéressants: ici, et .

Herman Hertzberger est un architecte néerlandais réputé pour avoir construit de nombreuses écoles Montessori.

Construire « montessorien »

Tout au long de sa vie, Maria Montessori s’est efforcée de décrire et rapporter ses diverses observations et expériences auprès des enfants de ses écoles. Le mot qui revient le plus souvent est le terme d’ambiente en italien, que l’on peut traduire par environnement, mais aussi milieu ou ambiance. Ces trois traductions possibles mettent en lumière la complexité de l’ambiente chez Montessori et la manière dont elle la décrit dans ses oeuvres. Prenons l’environnement par exemple. Il peut aussi bien être spatial, sensoriel ou social. Dans ses écrits Maria Montessori évoque l’aspect social et sensoriel de l’environnement, mais fait très peu cas de la composante spatiale. Dans un tel contexte, il est intéressant de se poser la question d’une « bonne architecture montessorienne » , en accord avec les pratiques de cette pédagogie.

On peut citer un architecte en particulier, qui travaille depuis des décennies sur cette question. Il s’agit d’Herman Hertzberger, aux Pays-Bas. Je reviendrai plus précisément sur son travail dans un prochain article. Vous pouvez voir l’une des plus connues par ici.

En France, il est plus compliqué de trouver des bâtiments Montessori. En effet, les écoles sont pour la plupart sous ou hors-contrats, et les budgets ne permettent pas de s’offrir la construction d’un bâtiment entier. De plus, la majorité des écoles s’ouvrent dans les grandes villes, où l’espace est limité.

J’espère que cet article vous a plu. Il balaye rapidement un sujet qui est très riche. Il y aura donc très certainement d’autres articles à venir pour aller plus loin. 

A bientôt pour de nouvelles découvertes !

Références

[1] Cf. Bohm, W. (2013). Maria Montessori. In. Houssaye, J. (dir) Quinze Pédagogues. Paris: Fabert

[2] Cf. Vaineau, A-L. (2015). La pédagogie Montessori, c’est quoi ?. Psychologies. Lien vers l’article.

[3] Montessori, M. (1958). Pédagogie scientifique Tome 1 : La maison des enfants. Paris : Desclée de Brouwer

[4] Werner Andrews, S. (2013-2014). The Prepared Environment. Primary Course 37, MNW

Crédits photographiques: Karl Fredrickson, Wikipedia, Archiskhole, Herman Hertzberger (Lessons for students in architecture)

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

Suivez-moi

Post a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En continuant à utiliser le blog Archiskhole, vous acceptez l’utilisation des cookies. En faisant défiler la page, vous acceptez l'utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer