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Comment s'est formé l'école telle qu'on la connait aujourd'hui ? C'est ce que je vous propose de découvrir dans cette série d'articles. #1 Les origines de l'écoles

Les origines de l’école: de l’Antiquité au XIXe siècle

Eduquer, apprendre, enseigner. Tous ces termes sont volontiers associés à l’école, et à son rôle par rapport aux nouvelles générations. Mais d’où vient l’école, véritablement ? Le concept d’école apparaît dès l’Antiquité, mais les lieux pensés et construits pour l’école apparaissent beaucoup plus tard. Lorsque l’on parle des origines de l’école, on parle donc non pas du concept, mais de la forme scolaire telle qu’on la connait aujourd’hui. 

C’est ce que je vais vous raconter dans cet article, qui fait partie d’une série sur l’histoire de la forme scolaire.

Les origines de l’école: avant l’école, le maître

L’école dans sa forme actuelle est aussi bien une institution, un bâtiment qu’une pédagogie. Or, le bâtiment dédié à l’enseignement est inexistant avant le début du XIXème siècle. Cependant, il existait des élèves dès l’Antiquité. Comment s’organisait-on avant ?

Il faut savoir que l’école était en fait représentée par la figure du maître. Dans l’Antiquité, les grands penseurs organisaient des séances sur les places publiques pendant lesquelles les élèves discutaient, débattaient, entre eux et avec les penseurs. Parallèlement, les élèves allaient dans les gymnases, où d’autres professeurs prenaient le relai. La rhétorique était la discipline par excellence, suivie de près par la musique et la gymnastique. Chaque discipline était enseignée par un maître particulier. Les plus riches pouvaient avoir des précepteurs directement chez eux [1].

Cette pratique est reprise par les Romains, qui l’utilisent pour « romaniser » les pays colonisés. La religion n’a alors pas une grande place dans l’enseignement, étant un sujet géré par la famille.

Une série d'articles pour comprendre d'où vient l'école actuelle. #1 Les origines de l'école

Une école chrétienne

Charlemagne est le premier à créer une école dont s’occupe l’Eglise. La hiérarchie scolaire à trois degrés[2] – la paroisse, les cathédrales et l’école du Palais – sépare les enfants pauvres des plus riches. Les savoirs enseignés sont néanmoins très proches de ceux de l’Antiquité: grammaire, rhétorique, dialectique, ainsi que géométrie, arithmétique, astronomie et musique. Il est à noter que ces disciplines ne sont enseignées que dans l’école du Palais, qui forme les élites. Mais elle n’a pas l’impact souhaité par l’Eglise. Il faut attendre la réforme protestante et l’invention de l’imprimerie pour observer une scolarisation massive. L’école reste majoritairement contrôlée par l’Eglise jusqu’à la Révolution française. Toutefois, la décision de Louis XV de fermer les collèges jésuites entraine un débat sur la responsabilité de l’Etat en matière d’éducation [3]. Lors de la Révolution, l’école reste au second plan des revendications, malgré de nombreuses et ambitieuses propositions pour la réformer.

L’Empire de Napoléon Ier signe cependant un recul pour l’enseignement primaire qui est abandonné aux communes[2]. Il crée des lycées, pour former les cadres de l’Etat impérial, dans un corps structuré et identifié. Il faut attendre la loi Guizot – ministre sous Louis Philippe –  pour pouvoir véritablement parler d’architecture scolaire.

#1 Les origines de l'école. Ici une représentation du mode confessionnel, ou simultané.

La méthode simultanée

La méthode simultanée est sensiblement la méthode que l’on associe à l’école aujourd’hui. A cette époque, le maître a entre 20 et 50 élèves à sa charge, souvent épaulé par un assistant. Les élèves sont assis en rang devant l’estrade et le bureau du maître, derrière lequel se trouve un tableau noir. Les enfants ne sont pas supposés parler entre eux, et doivent écouter le cours donné par le maître, puis effectuer les exercices demandés.

Chaque classe fait environ 60 m², 4m de hauteur, et chaque enfant possède environ 0,33m de table. Le mobilier est fixé au sol, table et banc à une distance fixe quelle que soit la taille de l’enfant.

Cette méthode est aussi connue sous le nom de mode confessionnel, car elle est dispensée par les jésuites.

#1 Les origines de l'école. Plan de principe d'une école sur le mode mutuel.

La méthode mutuelle

La méthode mutuelle est introduite en France en 1815, après avoir fait une percée d’importance en Angleterre. En quoi cela consiste-t-il ? Les classes contiennent une centaine d’élèves, tous assis à des tables qui font face à l’estrade où se trouvent les maîtres. Sur les côtés, au bout de chaque rangée, on trouve des panneaux avec les exercices et les instructions. Chaque enfant avance à son rythme, et les plus avancés sont autorisés à circuler pour aider ceux qui le souhaitent. Les meilleurs élèves prennent en charge de petits groupes d’enfants, on les appelle les moniteurs[3]. Les enfants peuvent également faire appel aux maîtres. Cette technique permet de faire face à la multiplication du nombre d’écoles et au manque de locaux et d’enseignants.

Et la place de l’architecture ? Cette méthode a besoin d’espace ! Les classes font près de 20 mètres de long sur 10 de large et ont une hauteur sous plafond souvent supérieure à 5 mètres[5]. Comme dans les écoles des Frères chrétiens, le mobilier est fixe. Les sols sont en bois, surélevés, et les murs en moellons blanchis à la chaux pour contrer l’humidité[4].

Avec les changements de gouvernement, la méthode mutuelle est progressivement abandonnée, pour disparaître complètement en 1850.

Après 1870

La guerre de Prusse, dont la France sort défaite et affaiblie, amène un certain nombre de questions. En effet, la victoire des Allemands est attribuée à leurs avancées en matière technique et donc d’éducation du peuple : ils sont mieux éduqués et donc plus aptes à trouver des solutions innovantes.

Lorsque Jules Ferry se retrouve en charge de l’école, il prend des mesures drastiques pour créer les fondements de l’école publique française telle qu’on la connaît aujourd’hui : un enseignement primaire public, obligatoire et laïc.

Je vous en parlerai dans un article très prochainement.

Références

[1] Cf. Rouche, M. (2016). Nos ancêtres les pédagogues grecs. L’Education idéale, Le Point Références, n°66, Octobre-Novembre 2016. pp9-11

[2] Cf. Durandet, D. (2014). L’école d’antan en 300 images. Nanterre: Editions Massin

[3] Cf. 100 fiches pour comprendre le système éducatif

[4] Cf. Lainé, M. (1996). Les constructions scolaires en France. Paris: PUF

[5] Cf. Châtelet, A.-M. (1999). La naissance de l’architecture scolaire en France, les écoles élémentaires parisiennes de 1870 à 1914. Paris: Honoré Champion

Crédits images: www.fgravie.perso.neuf.fr; Musée de Cluny; Daniel Durandet

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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