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Venir découvrir les conséquences de l'explosion scolaire sur l'architecture de l'école publique en France.

L’explosion scolaire: comprendre l’école publique

Quand on parle de l’excellence française – concernant l’éducation – on entend forcément ce nom: Jules Ferry. Grand réformateur du système scolaire, c’est grâce à lui que nous avons l’école telle que nous la connaissons aujourd’hui. Cette période de l’histoire est connue sous l’appellation d’explosion scolaire. Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi est-elle importante pour comprendre l’école actuelle? C’est ce que nous allons découvrir.

Cet article fait partie d’une série sur l’histoire de l’école publique en France. 

Dans le premier article, nous avons parlé des origines de l’école, et nous nous sommes arrêtés après la guerre de Prusse, et la remise en question du modèle éducatif français.

Il faut savoir qu’à l’époque, très peu d’enfants allaient à l’école tous les jours et durant l’année entière. Pourtant l’école était obligatoire depuis 1793. Le plus souvent – et surtout dans les campagnes – les enfants allaient à l’école l’hiver et aidaient aux champs au printemps et l’été. L’enseignement était donc suivi en dilettante, et ne permettait pas aux enfants de progresser convenablement. Avec la Révolution Industrielle et la transformation profonde du travail, les enfants ont moins besoin d’aider leurs familles et errent dans les rues. C’est l’un des enjeux des réformes que va entamé Jules Ferry.

Jules Ferry, personnage centrale de l'explosion scolaire, une phase d'expansion de l'école publique française.

Qui est Jules Ferry ?

Né en 1832 à Saint-Dié, dans les Vosges, Jules Ferry est connu pour avoir été un homme d’Etat français dans les années 1880-1890. Il fait d’abord des études de droit à Strasbourg et devient avocat, se spécialisant rapidement dans la défense des républicains. Après la chute du Second Empire, il est un temps maire de Paris. Il est nommé Ministre de l’instruction publique et des Beaux-Arts en 1879 et le reste jusqu’en 1883. Durant cette période, il rétablit l’instruction obligatoire et gratuite, et fait voter l’école publique laïque. Il est également Ministre des Affaires étrangères et Président du Conseil des ministres français. Il est nommé Président du Sénat en 1893 mais meurt quelques semaines plus tard. 

Si vous voulez plus de détails, jetez un oeil sur cet article.

Les lois Ferry et leurs conséquences

Lorsque Jules Ferry devient ministre de l’instruction publique en 1879, il se met en devoir de réformer considérablement le système scolaire français alors balbutiant. Sur une période de dix ans, il redéfinit complètement l’école. Celle-ci redevient alors obligatoire pour les enfants de 6 à 13 ans, gratuite, et surtout elle devient laïque.

L’école comme service public est née. Elle est gérée par l’Etat, et contrôlée par les inspecteurs. Les républicains ayant gagné l’élection de 1877, les Frères chrétiens – qui contrôlaient auparavant la quasi-totalité des écoles – n’ont plus le droit d’enseigner. Ainsi, l’enseignement primaire devient l’école du peuple, tandis que les collèges et les lycées sont réservés à la bourgeoisie. La hiérarchie sociale est reproduite dans la hiérarchie scolaire.

Comme expliqué plus haut, avant les lois Ferry, la plupart des enfants ne pouvaient pas aller à l’école plus de quelques mois par an[1]. A partir de 1882, tous les enfants doivent aller à l’école, qu’ils soient garçons ou filles. Cela a pour effet  de multiplier les effectifs par 2 en l’espace de 25 ans: c’est l’explosion scolaire.

Le Sénat propose un dossier complet qui explique en détail chaque loi pour l’instruction votée sous Jules Ferry. Si cela vous voulez en savoir plus, suivez ce lien.

Voici un exemple d'une architecture scolaire datant de l'explosion scolaire (sous Jules Ferry). Il fallait de la lumière, la circulation de l'air et surtout être protégé des vices de la ville.

Explosion scolaire et architecture

Si elle se traduit en termes d’effectifs, l’explosion scolaire est également une question de moyens et de construction: il faut de nouvelles écoles sur tout le territoire pour accueillir les enfants et de nouveaux maîtres.

Parallèlement aux lois Ferry, une nouvelle réglementation constructive est écrite par un comité des bâtiments scolaires, composé de neuf membres dont cinq architectes. C’est la première fois que l’architecture est véritablement pensée en amont des constructions scolaires, pour épauler la pédagogie.

Autrefois pensées comme des sanctuaires qui doivent être séparés de la vie urbaine, les écoles deviennent davantage ouvertes. Elles doivent cependant être construites à l’écart du « vice »: loin des environnements insalubres, bruyants et immoraux[2].

L’école tout entière est calculée selon le nombre d’élève. En effet, pour chaque élève est allouée une surface de table et tout le reste est calculé en fonction de cela. Il est pris environ 1,25 à 1,50 m² par élève. Le terrain extérieur, lui, doit représenter au minimum 10m² par élève, sans excéder pour autant 750 élèves[3]. Il doit également y avoir un préau couvert.

Dans les classes

Chaque classe ne peut accueillir plus de 40 enfants. Elles sont disposées le long d’un couloir et donnent sur la cour. Leur surface est définie par les dimensions des bancs-tables et le nombre d’élèves. Toutes les tables sont orientées vers l’estrade, où se trouvent le tableau et l’enseignant. D’autre part, la lumière naturelle ne vient que d’un seul côté, tous les enfants étant considérés comme droitiers. Le mobilier est adapté aux différents âges, de façon à ce que les enfants puissent se glisser entre le banc et la table qui sont fixés entre eux, et au sol.

Les murs épais et solides isolent la classe des bruits extérieurs. En effet, la salle de classe est un lieu d’immobilité et de silence qui doit être préservé. Les élèves doivent écouter sagement et faire leurs exercices sans échanger entre eux.

L'explosion scolaire a lieu suite aux lois de Jules Ferry qui rendent l'instruction obligatoire, gratuite et surtout laïque.

Remise en question à l’aube du XXème siècle

Le début du XXème siècle est le théâtre d’une double prise de conscience: l’école multiplie les cas de myopie et de scoliose parmi les enfants. Il faut repenser le mobilier et la lumière. Bien qu’initié par le règlement de construction sous Jules Ferry, les écoles doivent répondre à de nouveaux besoins en termes d’hygiène, car les cas de tuberculose se répandent dans les villes.

Ainsi, de nouveaux types d’écoles voient le jour, appelées écoles de plein air. Elles sont pensées pour accompagner les enfants souffrants, mais aussi pour proposer une meilleure hygiène dans les écoles.

Malheureusement, les deux guerres mondiales vont mettre un terme aux recherches en matière scolaire. Il faut attendre le début des années cinquante, et la reconstruction pour voir une nouvelle explosion scolaire que l’on connaîtra sous le nom de massification scolaire.

Références

[1] Durandet D. (2014). L’école d’antan en 300 images. Nanterre: Massin

[2] Lainé, M. (1996). Les constructions scolaires en France. Paris: PUF

[3] Châtelet, A.-M. (1999). La naissance de l’architecture scolaire, les écoles élémentaires parisiennes de 1870 à 1914. Paris: Honoré Champion

Crédits photographiques: Archiskhole © 2017

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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