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Histoire de l'école publique #3: Massification scolaire. Venez découvrir l'école des années 60 et ses enjeux !

Massification scolaire: les conséquences de la démocratisation de l’école

Après la seconde guerre mondiale et le traumatisme qui lui est associé, la France commence à se reconstruire. On parle de massification scolaire à partir de la fin des années cinquante, lorsque la plupart des écoles ont été construites ou reconstruites. En effet, le nombre d’enfants présents à l’école en 1960 dépasse les 7 millions, contre 4 millions en 1950.

Cet article fait partie d’une série sur l’histoire de l’école publique en France. Si vous n’avez pas lu les autres articles, c’est le moment d’aller jeter un oeil !

Dans le premier article, je vous ai parlé des origines de l’école.

Dans le deuxième article, nous nous sommes penchés sur les conséquences des lois Jules Ferry pour l’école, et son architecture.

Pour ce troisième et avant dernier article, nous allons donc parler de massification scolaire. Et quelles sont les conséquences de cette période pour l’école actuelle et son architecture ? Et par quels moyens est-on parvenu à une telle affluence dans les écoles à cet époque ? C’est ce que je vous invite à découvrir maintenant.

Histoire de l'école #3: Massification scolaire. Comment en est-on arrivé à de tels bâtiments ? Et pour quelle fin ?

Construire la massification scolaire

A la fin de la seconde guerre mondiale, la plupart des écoles ont été détruites, notamment dans les grandes villes. Il faut donc reconstruire les bâtiments le plus vite possible, pour ne pas laisser les enfants errer dans les rues. Cependant, l’Etat n’a alors que peu d’argent. Les bâtiments doivent donc être construits vite et de manière économique, tout en prenant en compte les nouvelles règles d’hygiène et de sécurité, notamment incendie. Si vous voulez des chiffres, ce document de la DEPP vous éclairera.

En 1951, grâce à une circulaire « prospective et suggestive »[1], l’Education Nationale propose des schéma-types d’écoles et d’organisation des classes. Elle définit même des trames constructives.

Voyez plutôt. La trame est de 1,75 m, ce qui correspond à une largeur de couloir. Une classe fait 4 x 5 modules de 1,75m de côté. C’est-à-dire environ 54m². Cette surface sera d’ailleurs fortement contestée par les pédagogues, notamment Freinet, qui la juge insuffisante. Les écoles, les collèges et les lycées sont construits comme une succession de classes, donnant sur un couloir, avec, à chaque bout, un escalier. Les bâtiments sont d’au moins deux ou trois niveaux. Les sanitaires sont dans la cour ou sous le préau.

Toutefois, plusieurs problèmes découlent de cette circulaire. Premièrement, la trame étant choisie pour des questions d’usage, elle n’a aucune réalité constructive – elle est trop petite. D’autre part, l’architecture de ces bâtiments scolaires est jugée très agressive et ressemblant davantage à une prison qu’à une école.

En effet, répondant à un objectif économique, les écoles sont industrialisées. Dès 1964, on peut les choisir sur catalogue ! Si vous vous promenez dans Paris ou ses alentours, vous n’aurez aucun mal à reconnaître les bâtiments: grands parallélépipèdes blancs, avec des bandeaux de fenêtres, une cour goudronnée et trois arbres au milieu d’une immense parcelle.

«  […] l’enfant doit apprendre à se ranger rien qu’en regardant les bâtiments. [2] »
Histoire de l'école #3: Massification scolaire, ou comment la démocratisation de l'école publique s'est transformée en problème construit.

Les conséquences de la massification scolaire

La ville, dans sa frénésie de reconstruction, a oublié l’humain. On le constate dans les grands ensembles, mais aussi dans les écoles. Les années soixante-dix sont donc le théâtre de grandes réflexions sur la place de l’enfant dans la ville, et de son bien-être. Longtemps considéré comme un adulte en devenir, l’enfant devient une « espèce » en soi, avec des besoins spécifiques.

Il convient de rappeler que ces idées ne sont pas récentes: les pédagogues du début du XXème siècle avançaient déjà l’hypothèse d’un enfant aux besoins spécifiques, et proposaient des solutions. Toutefois, la guerre a fait tombé la plupart dans l’oubli. Les pédagogues, éducateurs, et sociologues des années soixante-dix exhument donc ces théories et les enrichissent.

Qu’est-ce qui change ?

Tout d’abord, la psychopédagogie est reconnue comme une discipline à part entière. Cela signifie que les recherches sur le développement de l’enfant et de nouvelles manières d’apprendre et d’enseigner apparaissent.

Les constats sont de deux types: l’école n’est pas faite pour les enfants, elle est trop impersonnelle et inhospitalière; les pratiques enseignantes doivent évoluer pour répondre aux besoins des enfants[3]. La pratique et l’architecture vont donc de paire dans les réflexions.

Quelques exemples

Parmi les différentes expérimentations menées au sein de l’école publique durant les années soixante-dix, plusieurs fonctionnent toujours aujourd’hui. Cependant, aucune d’elles n’a réussi à bouleverser le système tout entier. Il existe deux grands axes de réflexion dans ces changements. Certains ont choisi de changer l’architecture pour pousser les enseignants à faire évoluer leurs méthodes comme l’école Saint Merri. D’autres ont élaboré une réflexion d’abord sur la pratique, avec des équipes enseignantes, par exemple Robert Gloton dans le 20e arrondissement de Paris avec l’école Vitruve.

Les écoles hors contrats se sont également développées, telles que les écoles Montessori. On peut aussi citer les écoles Steiner – elles, sous contrat avec l’Etat.

Toutes ces écoles mettent en avant le bien-être des enfants, son développement et ses capacités. Et toutes s’opposent à la pédagogie « traditionnelle » héritée des lois Ferry de la fin du XIXème siècle.

Histoire de l'école #3: Massification scolaire. L'école des années soixante s'est avérée une grande avancée et en même temps un grand problème pour le bien-être des enfants.

Mais où sont ces écoles aujourd’hui ?

Pourquoi ces écoles ne représentent que 10% des écoles en France ? Bonne question. Pour le savoir, je vous donne rendez-vous dans le prochain article. Je vous expliquerai pourquoi ces expérimentations n’ont pas eu de suite, et comment l’école s’est re-stabilisée.

A bientôt !

Références

[1] Cf. Châtelet, A.-M. (2008-2009). Deux siècles de bâtiments scolaires (XIXe-XXe), Cours publics 

[2] Misslin, R., cité par Châtelet, op. cit.

[3] Cf. Lainé, M. (1996). Les constructions scolaires en France. Paris: PUF

Crédits photographiques: Simone Hutsch, Archiskhole©2018, Nicolas Schrek.

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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