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Dernier épisode de la série sur l'histoire de l'école publique : Restabilisation.

Restabilisation de l’école ou l’école publique actuelle

Depuis le milieu du XIXème siècle, l’école a connu de nombreuses réformes et bouleversements, pédagogiques mais aussi architecturaux. Après deux explosions scolaires, l’école des années quatre-vingts est montrée du doigt. Le gouvernement décide donc de mettre en place une restabilisation de l’école.

Cet article fait partie d’une série sur l’histoire de l’école publique en France. Si vous n’avez pas lu les autres articles, c’est le moment d’aller jeter un oeil !

Dans le premier article, je vous ai parlé des origines de l’école.

Dans le deuxième article, nous nous sommes penchés sur les conséquences des lois Jules Ferry pour l’école, et son architecture.

Enfin, dans le troisième article, j’ai abordé les années après-guerre et la massification scolaire.

A la fin des années soixante-dix et des nombreuses expérimentations menées, un constat s’impose: de plus en plus d’enfants sont en échec scolaire. Le concept même d’échec scolaire existe dès le début des années soixante. Plusieurs expérimentations cherchaient d’ailleurs à répondre à ce problème.

Cette croissance des effectifs scolaires va bouleverser le système éducatif, entraînant des changements non seulement quantitatifs mais aussi qualitatifs: hétérogénéité plus forte du public scolaire, redéfinition des finalités de l’école, émergence de la question de l’échec scolaire, le tout dans un contexte de montée du chômage et de précarisation de l’emploi.[1]

Devant ce constat, le gouvernement décide, en 1985, de re-stabiliser l’école.

Restabilisation : un retour en arrière ?

La restabilisation de l’école se veut une réponse à l’échec scolaire. Elle se base donc sur le fait que les expérimentations et le laxisme de la décennie précédente ont fait du tort aux élèves. Le gouvernement recentre le programme sur les valeurs de l’institution républicaine. Par ailleurs, avec la loi de décentralisation, l’Etat ne s’occupe plus des constructions scolaires: ce sont désormais les mairies qui sont en charge de toute nouvelle construction, rénovation ou réhabilitation.

Qui fait quoi ? Les acteurs politiques de l’école.

En conséquence, les concours d’architecture sont de plus en plus répandus et les architectes ont une plus grande marge de manoeuvre dans leurs propositions. Il n’existe d’ailleurs pas à proprement parler de loi ou de réglementation sur la construction scolaire, mais un guide paru en 1989 et désormais introuvable.

Les classes reprennent la forme d’autrefois, mais sont légèrement plus spacieuses. La lumière et les couleurs prennent davantage d’importance. Les espaces communs sont pensés plus accueillants et agréables.

Qui sont les acteurs de l'éducation ? Qui fait quoi ? C'est ce que je vous propose de découvrir dans cet article sur la restabilisation de l'école.

L’école change, la classe reste

La restabilisation de l’école apporte des changements, mais il reste des questionnements. La classe est toujours organisée de la même manière, le long de couloirs, toutes les tables face au tableau. L’école est toujours fortement fermée à l’extérieur: les parents n’ont pas le droit de rentrer sauf s’ils y sont invités.

A partir de 1990, de nouveaux espaces apparaissent, comme la BCD et la salle informatique. Dans le même temps, de plus en plus d’écoles hors contrat voient le jour. Les plus connues sont les écoles « de philosophie Montessori ».

Le constat est le suivant: de plus en plus de parents remettent en cause l’école publique française, et cherchent d’autres solutions pour l’éducation de leurs enfants. La plupart des « vieux » pédagogues sont remis au goût du jour, dans l’espoir de trouver des réponses plus convaincantes face à l’échec scolaire, et au sentiment de non appartenance à l’école. Si vous souhaitez en savoir davantage sur les différents pédagogues, et comprendre leurs idées, je vous invite à consulter la catégorie Pédagogues.

Restabilisation de l'école, dernier épisode de la série sur l'école publique. Ici, l'école de l'agence Eva Samuel, construite en 2007, à Paris.

Refondation 2016: un vrai changement ?

En 2013, le gouvernement a enclenché une réforme d’importance visant à « refonder » l’école, et en priorité l’école primaire. La plupart des réformes précédentes visaient le collège ou le lycée, mais les différents rapports indiquent que les lacunes commencent dès la primaire.

20% des élèves sont en grande difficulté au sortir du CM2 ! On retrouve cette même proportion à l’âge de 15 ans. Cela signifie que les fondamentaux n’ont pas été acquis, et qu’il est très difficile de rattraper le retard par la suite.

Alors, que trouve-t-on dans cette refondation ?

Cela commence par plus de moyens: le gouvernement prévoit d’ouvrir 3 300 postes de professeurs des écoles de plus. Il a également annoncé une réévaluation du salaire des enseignants du primaire. D’autre part, les rythmes scolaires évoluent, avec une demie journée de plus, et des journées moins longues, pour laisser la place aux activités extrascolaires. Enfin, un tout nouveau programme a été écrit, pour la maternelle et la primaire.

« […] nous assistons à un décrochage croissant entre notre Ecole et une société française en plein mutation – économique, sociale, technologique – qui empêche notre institution de rentrer dans l’ère de la modernité. […] Plus que jamais l’Ecole doit former des individus et des citoyens capables de s’insérer socialement et professionnellement dans un univers mouvant. »

DULOT, A., et al., “Refondons l’école de la République: rapport de la concertation”, 2012

Concluons

On a vu au cours des précédents articles que l’espace construit est important pour le bien-être et le bon apprentissage des enfants. Or il est totalement inexistant des mesures proposées. On augmente le nombre d’enseignants et les salaires, on propose davantage de formations, et c’est très bien. Mais comment peut-on continuer à croire que travailler dans des locaux vieux de 150 ans est une bonne chose ? Ou tout au moins une chose sans importance ?

Aujourd’hui encore, en 2018, le gouvernement, et le ministère de l’éducation, cherchent à faire évoluer l’école. Toutefois, les mesures sont encore centrées sur les programmes et les objectifs pédagogiques, sans prendre en compte que l’enveloppe construite favorise ou non ces pratiques.

La recherche nous montre aujourd’hui que penser l’espace scolaire est essentiel pour améliorer le bien-être des usagers, et ainsi leurs performances. Je vous encourage à visiter le site de la chaire Transition², dédié à ce sujet. Et je vous dis à bientôt pour d’autres articles sur le sujet.

Références

[1] Perrotton, J., cité par Knittel, F. & Castets-Fontaine, B. (2015). Le système scolaire en France du XIXème siècle à nos jours. Paris: Ellipses, p.87

Crédits photographiques: evasamuel; Archiskhole © 2017

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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