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School business: la place de l’argent dans l’éducation française

Aujourd’hui je voudrais vous parler d’un livre que je viens de lire et qui m’a beaucoup appris. Il s’agit de School business : comment l’argent dynamite le système éducatif, d’Arnaud Parienty. Le titre est en lui-même évocateur. Arnaud Parienty parle dans ce livre de sa quête pour comprendre le rôle — souvent caché — de l’argent dans le système éducatif français. Cet article vous propose un bref aperçu de ses conclusions.

Quelques mots sur l’auteur

School Business a été publié pour la première fois en 2015. L’édition dont je vous parle dans cet article est en fait une réédition de 2018, avec une post-face inédite de l’auteur. Mais qui est-il d’ailleurs ?

Professeur agrégé en sciences économiques et sociales, diplômé de Sciences Po en 1979, Arnaud Parienty enseigne dans un lycée public d’un quartier chic de la banlieue parisienne lorsqu’il commence à se poser la question de l’argent dans le système éducatif. Auparavant professeur dans un lycée de ZEP, il commence à y voir de grandes disparités et veut comprendre d’où elles viennent. En effet, la France compte parmi les pays les plus inégalitaires en termes d’éducation selon PISA. Quels en sont les véritables origines ? C’est ce qu’il tente d’expliquer dans School Business.

Vous pouvez lire le blog d’Arnaud Parienty par ici.

School business, un livre d'Arnaud Parienty pour mieux comprendre le rôle de l'argent dans le système éducatif.

L’école de l’ombre

Le livre s’intéresse principalement au lycée, et encore davantage aux études supérieures. Les sujets sont variés, allant des établissements privés, aux stages à l’étranger, en passant par les subtilités de la carte scolaire ou encore les cours de soutien scolaire.

School Business met à jour les ramifications de plus en plus importantes de l’offre privée sur le marché de l’éducation, qui en fait un système particulièrement inégalitaire. En effet, ces écoles privées, ou cours particuliers, ou stages, répondent à une demande que l’école publique ne parvient pas à combler. Cette « shadow school » creuse les inégalités du système par le biais de l’argent. Il était déjà établi que les catégories socio-professionnelles sont une cause de l’inégalité à l’école comme le montre ce rapport. Toutefois, Arnaud Parienty explique que l’argent creuse encore les écarts, et plus particulièrement entre les classes moyennes et les classes plus riches.

L’argent appelle l’argent

School Business nous explique que les frais de scolarité des écoles ne cessent d’augmenter. Cependant, de plus en plus de jeunes choisissent ces écoles privées sans même tenter leur chance à l’université. Cela signifie que les étudiants universitaires sont parmi les classes sociales les plus désavantagées et ont souvent de moins bons résultats… ce qui donne une mauvaise image de l’université, et ainsi de suite. C’est un cercle vicieux qui se creuse toujours davantage.

Certaines filières universitaires restent des filières d’excellence, comme la médecine ou le droit, mais le pouvoir de l’argent est ailleurs. Pour mettre toutes les chances de leur côté et obtenir une des (très rares) places en médecine, les étudiants les plus fortunés paient des prépas et des cours particuliers. Ils peuvent également acheter les nombreux livres de leurs enseignants, voire un appartement proche de l’université pour être parmi les premiers en cours.

Le film Première année de Thomas Lilti nous donne une bonne idée de la PACES et de ses milliers d’étudiants en compétition assidue. Certains choisissent même de partir à l’étranger pour obtenir leur diplôme avec moins de stress et de plus grandes chances de résultats.

« Le développement de notre système scolaire pourrait s’appuyer sur des bases différentes, plus justes et plus efficaces. Car la lutte contre l’échec scolaire des moins favorisés est aujourd’hui le plus sûr moyen d’améliorer les performances de notre système scolaire et de renforcer la cohésion sociale. C’est un choix de société. »

Pour conclure

Comme le dit bien la quatrième de couverture du livre, les cours particuliers et les écoles payantes ne datent pas d’hier. Toutefois, ce que School Business nous montre, c’est la proportion d’offres privées sur le marché, et sa courbe d’évolution à croissance exponentielle.

J’ai beaucoup apprécié ce livre — aussi alarmant soit-il — qui nous donne un bon aperçu du système actuel et de ses dérives. Ce qui est appréciable, c’est notamment le ton de l’auteur, qui n’est jamais dans le drame. Oui effectivement, le système est inégalitaire, mais cela est aussi le résultat de la loi de l’offre et de la demande. Le chômage d’abord, qui angoisse fortement les parent, voire les enfants, poussent ceux qui le peuvent à chercher les meilleures solutions pour leurs enfants, quitte à dépenser de grosses sommes. Les politiques éducatives sont également en cause. Le principe du collège unique puis des 80% de réussite au bac ont permis de réduire le séparatisme scolaire, mais certaines classes sociales ne sont pas forcément prêtes à l’accepter, et cherchent des alternatives.

Le ton n’est cependant pas défaitiste, les écoles privées et tous les autres programmes décrits dans le livre font du bon travail, et ont une bonne réputation. Il convient de réfléchir au système en profondeur, et de regarder ce qu’il se passe chez nos voisins. En effet, l’Allemagne ne possède pas de grandes écoles mais diplôme quand même des ingénieurs compétents. De même, la Suède a inscrit la gratuité de l’école dans sa constitution et cependant, celle-ci semble avoir les moyens de fonctionner.

Il y a donc de l’espoir.

Crédits photographiques: Archiskhole © 2018

Sarah, architecte DE et ingénieur bâtiment, créatrice du blog Archiskhole.

SARAH

Architecte DE et Ingénieur Bâtiment, j’ai conçu ce site pour vous accompagner dans vos questionnements et vos démarches autour de l’école. Bonne lecture !

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